Mon Pire Rendez-Vous

J’ai été absolument submergé de travail et je n’ai pas eu le temps d’écrire pour le plaisir. Mais je me sens mal de négliger mon blog et mes fidèles lecteurs, alors j’ai pensé que je voudrais rapidement écrire une histoire amusante, même si cela n’a rien à voir avec kink.

Quand j’étais au milieu de la vingtaine, j’étais pathétiquement célibataire, n’ayant absolument aucune chance de rencontrer quelqu’un avec qui je pourrais sortir. Ma colocataire, B (une femme hétéro) se sentait mal pour moi. Elle avait des mecs mignons qui se jetaient à droite et à gauche (elle était plutôt la bombasse à l’époque et aujourd’hui, un quart de siècle plus tard, elle est toujours sacrément chaude mais heureusement mariée). Alors quand elle a commencé sortir ensemble un nouveau gars, Un, que je connaissais et que je pensais mignon, elle se sentait mal pour moi.

Un jour, elle me dit qu’elle et A vont au cinéma (Cœur de Dragon, pour être précis) et me demande si je veux y aller. Je dis bien sûr, et quand ils viennent me chercher, il y a un autre gars dans la voiture avec eux. Je ne me souviens pas de son nom, alors je vais juste l’appeler Guy. C’est le meilleur ami gay de A. Nous arrivons au théâtre et quand nous nous asseyons, ça me termine, Guy, A, B.

Je me demandais pourquoi ce n’était pas moi, B, A, Guy – de cette façon, nous serions tous assis à côté des gens que nous connaissions. Et puis à mi-chemin du film, il m’est soudain apparu que A et B préparaient Guy et moi à un rendez-vous à l’aveugle. (Le fait qu’il m’ait fallu plus d’une heure pour comprendre cela puissantt être lié à la raison pour laquelle j’étais si pathétiquement célibataire dans mes 20 ans…)

Après le film, nous allons chez Denny’s pour manger quelque chose. Alors que nous attendons notre nourriture, B commence à parler de son travail pour une organisation du Parti démocrate, et Guy commence soudainement à se déchaîner sur les libéraux, faisant des remarques sarcastiques sur les choses dont B parle. A change maladroitement de sujet et quand B offre une opinion, Guy la contredit simplement de manière vraiment odieuse. Cela continue jusqu’à l’arrivée de notre nourriture. Tout ce qu’il dit est une attaque contre B d’une certaine manière. A et B sont tous les deux si mal à l’aise, aucun d’eux ne parle, et Guy continue juste, en train de se moquer de B mais de manière circulaire.

Il me vient soudain à l’esprit que le gars a le béguin pour A et est jaloux de sortir avec B parce qu’il veut sortir avec A mais A est hétéro. Je pouvais comprendre que –A était assez chaud dans une sorte d’athlète du début des années 20. Je l’aurais absolument baisé, mais il y avait cette chose gênante dans le fait qu’il soit totalement hétéro. Mais je serai maudit si je laisse Guy continuer à harceler mon ami juste parce qu’il ne peut pas faire face à ses sentiments pour A.

La prochaine fois que Guy s’arrête pour respirer, je passe à l’action.

« Combien d’agents de la CIA faut-il pour changer une ampoule? Trois. Un pour changer l’ampoule et un pour confondre les faits.” (Je aimer cette blague…)

Avant que le gars puisse dire quoi que ce soit, je continue. « Combien de surréalistes faut-il pour changer une ampoule? Deux. Un pour remplir la baignoire avec des appareils et un pour allumer les girafes en feu. Combien d’hommes gais faut-il pour changer une ampoule? Deux. L’un pour acheter l’ampoule Art Déco et l’autre pour crier ‘Fabuleux Steve! »Combien de lesbiennes faut-il pour changer une ampoule? Quatre. Un pour changer l’ampoule et trois pour parler de combien c’est plus gratifiant qu’un homme ne pourrait jamais l’être. Combien de psychiatres freudiens faut-il pour changer une ampoule? Parle-moi de ta mère. Combien d’anarchistes faut-il pour changer une ampoule?…”

Tu comprends l’idée. J’ai juste refusé d’arrêter de raconter des blagues sur les ampoules. Je me suis assuré de chronométrer mes bouchées de nourriture chez Guy, de sorte que chaque fois qu’il essayait de parler, je pouvais le préempter avec une autre blague. Ce n’étaient pas toujours de bonnes blagues, et en fait, à la fin du repas, je grattais le fond de mon baril de blagues sur les ampoules (ce qui est rare – j’en connais beaucoup), mais le but était juste de le fermer et de lui faire comprendre que je n’allais pas le laisser dire un autre mot. A et B avaient tous deux l’air très reconnaissants et jouaient avec obligation avec les blagues.

Nous sommes rentrés chez nous dans un silence total, car heureusement, Guy avait compris le message. A l’a déposé d’abord, puis A et B se sont retournés et ont dit simultanément: « JE SUIS TELLEMENT DÉSOLÉ! »B a ajouté: « Je ne vais plus jamais mettre une autre personne à un rendez-vous à l’aveugle”, et pour autant que je sache, elle ne l’a jamais fait.

J’ai cependant aidé à l’installer avec un gars que je savais qu’elle aimerait quelques mois plus tard (après avoir eu le goût merdique de la jeter par téléphone le poisson d’avril). Moi et un autre ami faisons un point d’honneur à ce qu’un gars vraiment sympa vienne à une fête d’Halloween qu’elle et moi lancions. C’était une super fête. À la fin de la nuit, B était ivre, errant dans la maison avec rien d’autre qu’une veste et une casquette d’officier de la Seconde Guerre mondiale, en criant “Je cherche quelques hommes bien! »Elle a fini par recruter le gentil gars pour un rendez-vous la nuit suivante et deux ans plus tard, ils se sont mariés.

La morale de cette histoire est de ne jamais sous-estimer le pouvoir des blagues sur les ampoules.